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On retrouve dans le regard de celui ou celle que l’on aime toutes les ambitions et les rêves que l’on recherche en nous-même. 

S’adonner à aimer l’autre est une marque vive sur notre intention à nous aimer pleinement. Nous accordons l’accès à un coeur vibrant seulement en se connectant à la fréquence sur laquelle nous sommes confortablement établis. 

Nous ne donnons de l’espace qu’à ce qui nous permet de combler nos propres manquements, puisque souvent ce que l’on méprise dans l’autre n’est que le reflet des insécurités qui nous hantent la nuit. 

Il y a une aisance à aimer autrui quand on reconnaît la légèreté nous guidant à laisser filer les jours ensemble. Un infini de petits maux est toujours plus concevable à deux, compte tenu du poids que peut représenter la solitude d’aimer à part inégale ou d’aimer sans fondement. 

Les wagons défilent, pleins de nos conquêtes passées, nos ruptures sentimentales encombrantes, nos maladresses amicales et nos escapades romantiques, mais qu’en-est-t-il de la carte de ces rails dont l’origine nous reste inconnue ? On parle souvent du voyage effréné, à plein galop, mais tout finit par se rattacher à la destination que nous laissons paraître à l’horizon. 

Nous ne sommes que le résultat de coeurs et morceaux d’amours brisés qui se sont échoués sur la rive. L’apaisement se profile une fois l’esprit conquis d’avoir suffisamment songé à ce que l’on désire, pour s’établir paisiblement avec une personne qui nous rassure dans ce choix. 

Si j’échoue à admettre les failles de mon partenaire de vie, c’est parce qu’il est trop douloureux d’en admettre ma part de responsabilité. Je ne fais que miroiter les hantises qui me brûleraient la langue si j’osais les dire. 

Nous aspirons à rassembler nos petits malheurs pour faire un collectif de dénonciation. Mais il n’y a pas de dictature dans les lois du coeur, c’est lui qui détient la clé sur les permissions d’entrée et de sortie, et nous feignons de nous offusquer contre ce régime alors que nous approuvons sa bonne présence. 

Si nous continuons à penser que l’amour porté à l’autre ne dépend que de l’autre, alors il n’y a plus d’espoir à prévoir. Nous aimons au niveau de ce que l’on a appris : soit par un manque de savoir sur comment aimer librement, soit par défaut d’avoir été aimé sans condition préalable.

Mais dans ces deux cas, la conclusion reste identique, on se doit d’accepter les failles de ne pas maîtriser les pensées de l’autre puisque si on aime, c’est que la confiance de cet amour doit suffire à lui accorder de la validité. 

On accepte souvent la dose d’amour que l’on pense mériter. Si bien que si notre amour propre est souillé par l’incertitude d’en valoir la peine, le vide apparent dans cette perte de soi sera automatiquement reflété dans la présence de celui ou celle qu’on aime. 

La véritable bienveillance se loge dans la pleine reconnaissance qu’une multitude de liens se tissent entre deux âmes qui se sont trouvées et s’autorisent à s’adosser l’une à l’autre, sans pourtant dépraver la brillance de leur singularité.